Suite de cet article
1999-2004 : Erreurs de jeunesse
A partir de 1999, nous commençons à aménager la ferme en travaillant à la fois sur la partie agricole et la dimension accueil. Les anciennes étables sont modifiées pour y installer des boxes pour une vache, un âne, des chèvres et des moutons.
Une partie de la porcherie, que nous rebaptisons « bergerie », devient un bloc sanitaire de 5 douches, 5 wc et des lavabos pour 50 personnes. Nous réalisons tous les travaux avec de l’entraide familiale.
5000m² de maraîchage et 1 hectare de céréales occupent nos temps perdus. Nous achetons un peu de matériel agricole : un vieux D22 Renault, une herse, un cultivateur. Un ami nous donne une charrue, presque trop grosse pour le tracteur. Le premier labour est épique. Anne-Marie a fait la formation agricole mais c’est Eric qui peut monter sur le tracteur, Anne-Marie n’atteint pas les pédales!. Les semis de céréales se font à la main. Nous apprenons tous les jours, grâce aux livres aux amis et aux voisins qui viennent voir « les nouveaux ».
Les séjours se développent bien en été. Nous proposons des activités informatiques après avoir investi dans une dizaine d’ordinateurs. En 2001, nous ouvrons un second lieu d’accueil dans un camping à Châteauneuf la Forêt pour des activités autour de la nature.
Depuis 1996, nos enfants sont scolarisés à Châteauneuf la Forêt. A l’initiative du principal du collège, nous participons à des journées d’atelier éducatif. Nous animons une initiation vidéo-informatique et une de découverte. De fil en aiguille, nous rencontrons des agents de développement, participons à la vie de la commune, réfléchissons au futur pays Monts et Barrages.
Toutes ces rencontres, les besoins constatés en matière d’activités jeunesse nous conduisent à développer des animations locales, à obtenir des financements pour un atelier multimédia, pour des voyages de jeunes du canton au bord de la mer, à la neige…
Début 2004, nous avons une grande salle d’activité à Châteauneuf la Forêt, 3 salariés et… entrevoyons des difficultés financières. Sans soutien local malgré les besoins, les activités locales sont en fait financées par nos séjours de vacances. Notre projet personnel de développement est à l’arrêt. Aussi, au printemps 2004, nous prenons la décision de stopper toute implication locale et nous recentrer sur notre projet pour le développer. Les pistes ne manquent pas.
Cette période est intéressante, malgré les risques et les sacrifices. Nous nous sommes dispersés, saisissant d’hypothétiques opportunités dans un souci de participer à la vie locale, peut-être de reconnaissance. En outre, nombreux sont les agents de développement prompts à nous pousser dans telle ou telle direction, mais au bénéfice de qui ?
Nous savons maintenant que nous resterons fidèles à notre projet en y consacrant toute notre énergie.
Maturité ?
Donc, recentrage sur la ferme. Liquidation des bureaux au village et non renouvellement des contrats des animateurs permanents. Nous repartons à deux, chez nous.
Nous sommes contactés début 2004, par les civam du Limousin. Ils conduisent une réflexion sur l’accueil pédagogique à la ferme et une voisine leur a parlé de nous. Nous intégrons une formation de paysans sur l’accueil pédagogique à la journée. Formation intéressante qui nous ouvre une perspective de diversification de l’accueil sans nécessiter d’investissement.
Dès 2005, nous accueillons des classes du département, principalement de Limoges. Ce type d’accueil se développe bien et en 2007, nous accueillons près de 1000 enfants sur la ferme.
Nous adhérons aussi à Accueil Paysan, séduits par l’éthique du mouvement qui place le paysan au centre du projet d’accueil.
En 2006 et 2007, nous construisons notre bâtiment d’accueil en ossature bois pour y développer notre concept de séjour à la ferme de groupes et de familles avec participation aux activités de la ferme.
Régulièrement, nous nous mettons autour d’une feuille blanche pour faire un bilan, réfléchir à de nouveaux projets, à des modifications. Ainsi en 2007, nous commençons à proposer des stages de couture, de cuisine et des cours de pilotage d’avions radiocommandés. En 2008, nous avons proposé un week-end « conte » avec une conteuse professionnelle.
Nous avons réduit le maraîchage, supprimé les moutons. Nous avons une deuxième vache, deux ânes et des chevaux. La volaille s’est diversifiée. Des canards, des oies, des dindes ont rejoint les poules de l’origine.
Avoir un hébergement en dur nous a permis d’augmenter la période d’accueil et de diversifier les types de séjours. Nous ne sommes plus dépendants de la réussite des vacances d’été.
Promotion
Dans les questions que l’on nous pose, il revient souvent celle de la promotion. Comment nous faisons nous connaître?
En 1999, nous travaillons en partenariat avec des fédérations nationales organisatrices de centres de vacances qui publiaient des catalogues de séjours. Nous éditons aussi des plaquettes que nous adressons par courrier postal à des structures de jeunesses, des associations, des écoles spécialisées.. Le site internet que nous avons depuis 1997 nous apporte très peu de contacts au début.
En 2009, 100% des personnes accueillies nous ont découvert grâce à l’un de nos trois sites internet ou à des sites partenaires.
Depuis 2004, la majorité des contacts se font grâce à internet. Nous veillons à avoir des sites à jour, avec des informations pertinentes, des possibilités de contact facile. Comme pour la plupart des travaux réalisés sur la ferme, nous créons et gérons nos sites. Nous sommes réactifs, tenons les agendas à jour, donnons des informations fraîches…
Aide à la création d’une ferme pédagogique
Des questions a se poser.
Définir son projet d’accueil :
Quel public je souhaite accueillir ?
Quelles sont les activités possibles sur mon site ?
Combien de temps je souhaite consacrer à cette activité ?
Organiser son site pour l’accueil
Faciliter l’accès au site par une bonne signalétique
Situer le parking et l’identifier
Soigner les abords du site
Identifier un espace d’accueil du public
Repérer les éléments qui peuvent être dangereux (matériel, fosse, étang…) et les sécuriser
Etre en accord avec la réglementation en vigueur
Déclarer son activité d’accueil à son assurance et la dégustation de produits s’il y a lieu
Se renseigner sur les agréments à obtenir en cas d’hébergement du public
Avoir une activité agricole ou autre en règle avec les normes en vigueur (DSV…)
Définir son projet pédagogique
Pourquoi je souhaite accueillir ?
Quels sont les messages à transmettre au public ?
Quels sont les ateliers pédagogiques à organiser ?
Quels supports utiliser ?
Se former
Selon les caractéristiques de l’accueil, la formation est indispensable à la concrétisation et au développement de son projet. De quelques jours seulement à une formation plus longue, les thèmes abordés sont un moyen de réfléchir et de construire un projet adapté
Rechercher des partenaires
les réseaux associatifs peuvent apporter une aide sur la diffusion de l’information, la formation, l’échange d’expériences, le conseil, l’appui au financements collectifs…
la bergerie nationale est un centre de ressources et de formation.
les services déconcentrés de l’Etat : l’Inspection d’Académie peut valider une reconnaissance « Education Nationale » concernant le contenu des visites, la DDJS assure l’agrément et le suivi des centres de loisirs et des centres de vacances.
Réglementation concernant les fermes pédagogiques
Vous trouverez la définition de la ferme pédagogique dans la circulaire interministérielle du 5 Avril 2001, signée par le ministère de l’Education Nationale, par le ministère de l’agriculture et de la pêche, par le ministère de l’aménagement du territoire et de l’environnement, par le ministère de la jeunesse et des sports.
En matière d’agrément, il n’existe pas d’agrément « ferme pédagogique » au sens propre du terme. Toute ferme qui entre dans la définition interministérielle, qui respecte les normes d’hygiène et de sécurité peut se déclarer ferme pédagogique. Cependant, la plupart des réseaux délivre une labellisation. Dans le cadre d’Accueil Paysan, le candidat signe la charte du groupe qui définit les objectifs du réseau, les engagements des signataires vis à vis du groupe et vis à vis des visiteurs. L’ensemble des chartes prévoient une obligation de formation et une première visite effectuée par les membres du réseau qui labellisent la ferme.
En matière de réglementation, pour un accueil à la ½ journée ou à la journée, c’est à dire sans hébergement et sans restauration, il n’y a pas de contraintes réglementaires fortes. Il semble , cependant, qu’il soit nécessaire d’avoir le souci :
D’un lieu d’accueil en cas d’intempérie
De toilettes et de lavabos accessibles
De diagnostiquer son lieu pour prévenir les accidents et pour donner des consignes claires dès l’arrivée du groupe, en particulier signaler les lieux interdits à la visite.
De se renseigner concernant le passage de la commission de sécurité. Ce passage n’est pas obligatoire pour une visite de ferme qui n’a pas procédé à des aménagements spécifiques…ce qui n’est pas le cas si il y a changement d’affectation d’un bâtiment (grange transformée en salle d’accueil)
La réglementation est totalement différente s’il y a restauration et hébergement. Cette réglementation est entièrement déclinée dans le livre :
Créer une ferme pédagogique
De l’idée à la réalisation
Auteurs : M.S Coquillaud, V. Daniel, M. Thou
Editions Educagri
26 Bd Docteur Petitjean, BP87999- 21079 Dijon Cedex
www.editions.educagri.fr
En cas de goûter à la ferme, c’est la réglementation relative à l’hygiène des denrées alimentaires remis directement au consommateur qui s’applique (arrête du 9 mai 1955) Quand le public transforme des matières premières au cours d’un atelier et qu’il y goûte ensuite, il n’y a pas encore de textes réglementaires. Mais il y aura prochainement un guide des bonnes pratiques concernant les ateliers pédagogiques de transformation et dégustation des produits alimentaires.
Circulaire interministérielle du 5/04/2001
OBJECTIFS
Les fermes pédagogiques doivent viser plusieurs objectifs
1° proposer des approches pédagogiques variées
Qu’elle soit en zone urbaine, périurbaine ou rurale, dite « d’animation » ou « agricole », la ferme pédagogique est un lieu privilégié pour l’éducation à l’environnement. Elle permet des approches variées : sensible, sensorielle, scientifique, créative, ludique et permet d’ancrer l’enseignement dans le réel et le concret.
2° initier à l’économie agricole
Le public (jeunes et adultes) découvre les enjeux et les contraintes du monde rural et agricole. A partir de la ferme, unité agricole, il comprend mieux la notion de filières, est sensibilisé à la qualité des produits et de l’alimentation.
3° appréhender les relations ville-campagne
La découverte de la ferme dans son environnement permet de mieux comprendre les liens qui existent dans les domaines économiques, sociaux, culturels et environnementaux.
4° contribuer au développement local
La ferme, lieu d’accueil pour le public, contribue au dynamisme du territoire et renforce les partenariats entre les acteurs locaux.
5° responsabiliser l’individu
Le jeune apprendra à réguler son comportement pour mieux respecter le vivant. En prenant des responsabilités, il fait ainsi l’apprentissage de la citoyenneté.
Pour aller plus loin :
Le site de la Bergerie Nationale
Le site d’accueil paysan
La Fédération nationale des CIVAM




















25 janvier 2010 - 14:42
Bonjour, je suis content de pouvoir lire votre expérience de ferme pédagogique.
Nous avons une association au Maroc qui est entrain de mettre en place ne ferme pédagogique avec accueil. Le but étant de permettre à des personnes en difficultés handicap ou précarité de trouver une activité génératrice de revenus.
Nous voulons développer une agriculture raisonnée et avons besoin de conseils, graines, formation au Maroc de partenariats avec des associations ou structures voulant faire profiter de leur expérience.
Nous serions ravis de pouvoir échanger avec vous sur tous ces points
Cordialement
François DUCLOS
0567227731
31 janvier 2010 - 20:59
Merci pour ce partage d’expérience.
31 janvier 2010 - 21:44
Je comprends mieux pourquoi Arc en ciel a disparu subitement… En tout cas merci de nous faire partager toute cette expérience !
Il faut absolument que je vienne chercher mon pot de confiture mais avec les loulous que je garde, ma mobilité se trouve réduite en semaine… J’essaye de me libérer un mercredi d’ici le printemps et je vous contacte.
Bonne soirée
1 février 2010 - 21:55
Bonsoir,
En fait Arc en ciel existe toujours mais uniquement pour l’organisation de séjours de vacances et quelques interventions » jeunesse » autour de Limoges. Nul n’est prophète en son pays !
Pas de problème pour le pot de confiture et nous sommes souvent présent le weekend. Sinon, il faut venir avec les enfants. D’ici un mois, il y aura des bébés !
2 février 2010 - 16:12
Bonjour,
Va pour le mois prochain avec les enfants, ils seront ravis de voir des bébés, ils adorent !
@+++
Bonne journée