Vivre ensemble dans une petite commune rurale !

Bonjour,
Je retranscris intégralement un mail que je viens de recevoir et nous invite à une conférence de presse..
Le sujet nous touche particulièrement, nous qui vivons dans une petite commune rurale ou le vivre ensemble est aussi un défi à relever.  N’est-ce pas une valeur et une réflexion universelles ?
« 

Nous vous invitons à une conférence de presse

lundi 22 décembre à 15 heures

à St Jal (19)

en présence des protagonistes et de Anne Gallant réalisatrice.

Saint-Jal

samedi 10 janvier projection en avant première à 16h et 20h30 (salle polyvalente )

du film Demain, sur la place publique un film réalisé à St Jal par Anne Galland

Retour sur la genèse du projet :

En 2001, Peuple et Culture propose de mettre en place un réseau de diffusion du cinéma documentaire en territoire rural. Saint-Jal est une des premières communes à saisir cette opportunité grâce à l’amicale laïque. Pierre Couloumy alors maire, assiste régulièrement aux séances. Au gré des films, des questions qu’ils ouvrent, échanges et contacts s’approfondissent. Au cours de l’année 2005, il sollicite Peuple et Culture pour une réflexion sur une question qu’il considère comme vitale et que nous traduisons ainsi :

Comment vit-on ensemble (ou ne vit-on pas ensemble…) dans une petite commune rurale ?… Entre les « enracinés » et les nouveaux arrivés, entre paysans qui vivent au pays en travaillant la terre et ceux qui habitent la commune et travaillent ailleurs, entre les différentes générations, entre les différentes opinions, croyances, habitudes, cultures… d’un petit territoire qui ressemble à d’autres – où se posent des questions identiques – mais qui en même temps a sa propre histoire, ses spécificités. à quelles conditions ? Selon quels choix ?

Dans un premier temps, nous envisageons de concevoir un cycle de « Droit de questions » avec des intervenants. Puis vient l’idée d’initier un projet cinématographique qui partirait d’abord d’une écoute de la population dans ses différentes composantes pour dégager des solutions, des personnages, des idées, des émotions. Bref ce qui fait au bout du compte un film, qui n’est pas un simple et rapide reportage mais le regard singulier d’un réalisateur sur une réalité humaine et sa complexité.

« Demain sur la place publique »

Anne Galland / Note d’intention / octobre 2006

Quand Peuple et Culture me propose ce sujet de film au début de l’année 2006, je suis tout de suite partante.

Ma rencontre avec Peuple et Culture de Tulle remonte quelques années plus tôt, en mai 2003, alors que l’association nous avait invitées, avec Alima Arouali, à venir présenter le film que nous avions réalisé ensemble sur une grève dans un McDonald’s parisien. La projection de On n’est pas des steaks hachés dans une grange de Corrèze reste un des moments d’anthologie de la diffusion de ce film, et la rencontre avec le public corrézien un bien beau souvenir. […]

C’est donc comme ça que l’histoire commence, et que nous nous retrouvons autour d’une table du restaurant de Saint-Jal, un jour de janvier : Pierre Couloumy, le maire de la commune ; plusieurs personnes de Peuple et Culture de Tulle …

Ce jour-là, un mercredi gris et froid d’hiver, je me rappelle avoir éprouvé une sensation de vertige sur la place déserte et silencieuse de Saint-Jal…

Et où étaient donc les habitants de cette commune que le maire présentait comme un sujet d’étude ?

Peut-être n’avaient-ils aucune envie de participer à un film ?

Qui étaient les nouveaux arrivants qui choisissaient de s’installer à Saint-Jal ? Que venaient-ils chercher dans cette petite commune rurale ? Retraités souvent, parfois étrangers, surtout des pays anglo-saxons, mais jeunes couples aussi, attirés par la vitalité de l’école communale, le grand combat des années 80 dont tout le monde était fier à Saint-Jal.

Comment ces nouveaux étaient-ils accueillis par la population de « souche » ?

Comment éviter d’en faire une cité dortoir ?

Comment faire pour préserver des services publics ? Très vite, lors de cette première réunion à Saint-Jal, se sont dessinées quelques pistes de travail. La commune venait de s’engager dans l’élaboration d’une carte communale et prévoyait des réunions mensuelles avec l’urbaniste chargée de l’étude, jusqu’à une enquête publique auprès de la population prévue pour la fin de l’année 2006. Assister à ces réunions était pour moi l’occasion rêvée de tendre un fil conducteur pour ce film à faire, d’avoir accès à une source d’informations précieuses sur l’histoire de la commune et sur les enjeux de son devenir.

Dès le mois de février 2006, je commençais une longue série de séjours de repérages à Saint-Jal. Logée dans l’ancien appartement d’instituteur désaffecté au-dessus de l’école, j’ai vécu au cœur du bourg, au rythme de l’animation de la place sur laquelle donnaient mes fenêtres.

Petit à petit, j’ai fait des rencontres, écouté les histoires de vies particulières imbriquées dans l’histoire de la commune, je me suis faite apprivoisée, parfois j’ai provoqué des réactions hostiles, mais le plus souvent ma présence était source d’échanges, de débats : Pour ou contre ce film, pour ou contre les choix du maire et des élus ? Des décisions que Pierre Couloumy, le maire de Saint-Jal, aimerait partager avec les citoyens de sa commune, c’est-à-dire dans cet esprit de démocratie participative qui n’est pas si galvaudé que ça quand il est sincère.

J’ai bien compris que ce projet de film s’inscrivait dans cette démarche-là, et que, au-delà d’une œuvre cinématographique, il allait servir à provoquer la réflexion, à initier un débat d’idées, à exprimer à voix haute ce que les gens disaient en cercles clos, bref à porter le débat sur la place publique.

Pour aborder la question « comment vit-on ensemble aujourd’hui dans une petite commune rurale ? « , j’ai choisi de me cantonner à l’espace public et de filmer les acteurs de cette vie sociale dans le cadre de leurs activités publiques : professionnelles, politiques, festives, associatives…

Ce que j’aimerais capter, avec mon regard de cinéaste, ni sociologue ni ethnologue mais documentariste, travaillant donc avec les matériaux du réel en essayant de partager une émotion, c’est ce qui est mis en œuvre dans l’action collective, qui implique l’engagement individuel de chacun et qui repose sur quelque chose d’indicible… une volonté commune… une mise en commun des compétences et de l’imaginaire… »

Travaux d’hiver

Bonjour,

Souvent, les personnes qui viennent à la ferme pendant notre saison d’accueil, au printemps ou en été, nous demandent  » Et l’hiver vous faites quoi ? Vous ne vous ennuyez pas ? « .

Ben, pas vraiment!

Déjà, pour commencer, nous avons beaucoup plus de travail avec les animaux. Il faut les nourrir matin et soir, nettoyer les box…

Du mois d’avril au mois d’octobre, selon les années, seuls les poules et les cochons nécessitent des soins quotidiens pour être nourris. Tous les autres, les vaches, les chevaux,  les chèvres et les ânes trouvent suffisamment à manger dans les prés.

Maintenant, depuis mi-novembre, nous leur donnons matin et soir le foin qui a été coupé au mois de juin.

Nos vaches mangent l’équivalent de 12 à 15 kg de foin chacune tous les jours, même les dimanches et fêtes! Le cheval idem, les poneys et les ânes moitié moins environ et les chèvres beaucoup moins.

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Pour nourrir tout notre petit troupeau, nous distribuons environ 30 à 40 kg de foin par jour. Le complément de la ration est apportée par l’herbe des pâtures.

Chaque jour, nous consacrons plus d’une heure à la distribution des aliments à tout le monde.

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Depuis un mois, les ânes, les vaches et les chèvres dorment à l’étable. Aux beaux jours, ils restent dehors à part les chèvres qui rentrent toute l’année dans leur box.  En ce moment, chaque matin, après les avoir fait sortir, nous préparons leurs box, sortons le fumier, préparons la litière avec la paille fraiche (obtenue lors de la moisson).
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Les 3 chevaux restent dehors. Ils ont été équipés de couvertures aujourd’hui pour les protéger des intempéries en particulier de l’humidité. Il faut aller les voir quotidiennement pour les nourrir et nous assurer que tout va bien.

Un box reste libre pour isoler un animal malade ou blessé.

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Nalezan a même une couverture assortie au paysage!!!

Et bien sûr, nous continuons à ramasser les œufs, préparer la pâtée des cochons, la farine d’avoine pour les poules et les cochons  traire la vache, faire le beurre, le fromage…

Nous profitons aussi de l’automne et de l’hiver pour faire des travaux d’aménagement et d’entretien

Pas d’ennui pendant la morne saison dans notre campagne mais besoin de plus de temps pour s’occuper des animaux, des bâtiments et aussi pour lire, aller au cinéma, sortir…